Je suis graphiste indépendante à Paris, j’y ai fondé mon atelier en 2003.
Je travaille principalement avec des institutions culturelles comme le Centre national du cinéma
et de l’image animée, et des associations d’action citoyenne comme Attac, avec qui je mène
une réflexion sur les outils d’éducation populaire. En parallèle de mon activité à l’atelier,
j’organise des expositions et des rencontres sur le graphisme. J’interviens aussi auprès d’étudiants en art,
entre autres à l’Ecole européenne supérieure de l’image d’Angoulême, et auprès d’étudiants
en sciences sociales à l’université Paris 13 de Bobigny.

J’ai été vice-présidente de la Galerie Anatome de 2003 jusqu’à sa fermeture en 2012. Elle était le seul lieu
permanent en France dédié à la création graphique contemporaine. Nous y avons présenté plus de cinquante
expositions d’auteurs incontournables comme Philippe Apeloig, Etienne Robial, Pierre di Sciullo, Massin…
Une expérience qui m’a donné la chance d’être en lien avec des graphistes du monde entier et d’avoir
ainsi un autre regard et une réflexion sur mon métier.

Depuis 2013, grâce au soutien d’une bourse du Cnap (Centre national des arts plastiques),
je mène une recherche plus expérimentale sur Marianne Brandt (1893-1983), qui fut la seule femme
maître d’atelier à l’école du Bauhaus. Après une immersion dans les archives au BauhausArchiv à Berlin
et au MoMA à New York, j’ai dessiné un alphabet en hommage à ses créations devenues emblématiques
pour l’histoire du design.

Ma pratique du graphisme a été durablement marquée par ma rencontre avec Etienne Robial,
graphiste et directeur artistique avec qui j’ai longtemps travaillé. J’ai retrouvé chez lui une application
contemporaine des principes du Bauhaus, la rencontre de la rigueur rationnelle et de l’intuition
sensible au service d’une fonction. Je l’ai vu déployer à l’infini l’habillage et l’identité de Canal+ avec
ses équipes et il m’a offert la chance de partager de très beaux chantiers comme la création de l’identité
de la Cité de la bande dessinée à Angoulême en 2009, le développement de la nouvelle charte graphique
du CNC et bien d’autres travaux toujours réalisés avec la même rigueur. La rencontre avec Etienne
a été fondamentale, il m’a ouvert la voie.